mardi 20 mai 2014

2014 : être jeune... être idéaliste, être féministe

Il y a quelques années, on se faisait encore tout un monde de ce que le monde pourrait devenir le 21 décembre 2012... Pour la bonne cause, on en a même fait un bon gros blockbuster comme on en fait... tout le temps (si si).

Mais la fin du monde, c'était pas en 2012, d'ailleurs, la preuve, c'est qu'on est encore là pour en parler, et même écrire quelques lignes d'un billet sur la question. Non, aujourd'hui, on est bien en mai 2014, à la veille des élections européennes.

Des élections dont tout le monde a l'air de se taper comme de sa première chemise.
Vous vous rendez compte ?

On a le pouvoir, en collant des papiers dans une boîte, d'élire des gens qui peuvent faire changer le monde, faire en sorte qu'il y ait plus d'égalité entre les êtres humains.
C'est, paraît-il, ce qu'on appelle la démocratie.

J'aime la démocratie. Elle dispense nombre de valeurs qui profitent à chacun, et devrait nous permettre de vivre en harmonie.

Aujourd'hui, ce qu'on appelle "démocratie" est complètement galvaudé : on tourne avec une classe politique qui n'a que très peu bougé depuis 40 ans, on s'enfonce dans un système unitaire qui n'a qu'un mot à la bouche : la sacro-sainte "croissance". On tourne en sous-régime et ça se sent : les gens votent pour les "vieux" partis, qui soit disant savent mener la barque.

Oui, ma petite dame, on coule à pic !

Ce système nous mène aujourd'hui en bateau. C'est est un frein à notre liberté, ainsi qu'à l'accès à une égalité réelle entre les femmes et les hommes.




Pour la jeunesse d'aujourd'hui, pour les citoyennes et citoyens d'hier et de demain, il n'y a pas de représentativité politique. On tourne avec les mêmes zigotos depuis bien 30 ou 40 ans, et ils ont pris de l'âge (regardez bien ce qu'est devenu Danny le rouge hein... Quand on voit Cohn-Bendit maintenant, ouai, y a de quoi pleurer...) mais ils sont là. Ils introduisent parfois quelques jeunes pour faire semblant, si possible de couleur, ça fait joli (regardez Rama Yade...) mais ils sont introduits par ces messieurs et bien sous leur patte pour faire ce qu'ils souhaitent et qu'ils ferment leur gueule au bon moment (demandez à Delphine Batho ce qu'elle en pense...).

Pourquoi je dis ces messieurs ?

Parce qu'aujourd'hui, la règle moyenne quand on est député ou sénateur, c'est d'être un homme blanc défini comme hétérosexuel de plus de 45 ans.
Ca représente qui ça ? Putain, sérieux, donnez moi le pourcentage de français que ça représente, juste pour déconner.
Ca représente que dalle. La France, c'est loin d'être ça, y compris au fin fond des campagnes.

Comment je peux me sentir représentée, même dans les idées ?
Quand j'atteins à peine mon quart de siècle, que je suis une femme, avec un nom sans aucune consonance française ? Quand peu d'idées évoquées par ces gens là me conviennent ? Quand ces gens là parlent d'une tentative de baisse du chômage qui ne les touchera jamais, quand ils parlent des gens du commun en ignorant tout de leurs conditions de vie ?
Quand on est à la tête du gouvernement et qu'on ne sait pas combien coûte un ticket de métro, qu'on ne sait pas non plus combien coûte une baguette, on ne peut pas prétendre comprendre, ni prendre des décisions. On ferme boîte à camembert et on écoute.

Mais ce n'est pas ce que fait la classe politique actuelle.

Non, la classe politique nous parle de la croissance.

La croissance, la merveilleuse, la sainte, l'unique croissance. Il faut la vénérer, car sans elle, point de salut paraît-il.

Dites-moi... Est ce qu'il n'y a que moi qui, du haut de mes 24 printemps, ait compris que dans un monde fini, aux ressources limitées (demandez au thon rouge ou à la forêt amazonienne si ils sont d'accord) on ne peut pas avoir une éternelle putain de croissance ? Je ne crois pas.
Alors quoi ? les médias, les gouvernements, pire encore, les gens se mettent des peaux de sauc' devant les yeux, et c'est bon : roulez, jeunesse !
Nan mais, au bout d'un moment, c'est quand même une simple question de bon sens quoi, bordel... Et ça se voit d'ailleurs que si on apprend pas à partager, bientôt, y aura plus rien pour personne, sauf pour ceux qui seront déjà crevés...

Et puis alors la croissance... pourquoi faire ? Pour nous faire consommer ?

Putain, que c'est beau quand on consomme... Il n'y a qu'à regarder des gens parler de "Qui veut épouser mon fils ?" le lundi matin en arrivant en boulot, il n'y a qu'à regarder comme les femmes sont considérées comme de purs produits de consommation dans les bordels allemands ou thaïlandais, il n'y a qu'à voir comment on laisse les gens travailler dans des conditions déplorables en Inde et les plafonds leur tomber sur la gueule !

Parce que oui, la société de consommation, c'est bien tout cela à la fois, mélangé à des médias qui caressent notre narcissisme jusqu'à l'égocentrisme, et qui nous empêche bien souvent de regarder la vérité en face, même quand elle crève les yeux : des phénomènes comme la violence conjugale, le harcèlement quotidien dont les femmes font l'objet, la misère des Roms passent alors de façon étrange totalement inaperçus... C'est quand même hallucinant, non ?

Comment, nous autres, les jeunes (et je parle d'une génération qui a vu grandir une culture nouvelle de l'échange d'informations) pouvont voir l'avenir ? Comment nous pouvons envisager le monde futur pour nos enfants ?
Comment, nous autres, féministes, pouvons-nous poursuivre la lutte devant tant d'absurde ? Quand notre propre Assemblée propose une loi sans prendre en compte la dimension de violence conjugale ?

Aujourd'hui, il y a une vérité que personne ne veut regarder en face : nous sommes de foutus menteurs. Nous mentons.
Nous nous mentons à nous même, mais surtout, nous mentons à nos enfants : nous leur offrons la perspective d'un monde à découvrir, d'un monde à partager, d'un monde où la créativité a toute sa place.

Et bien, on se fout de leur gueule. Et il faut que ça s'arrête. Il faut que ça s'arrête très vite.
Et il n'y a que deux solutions pour ça.

Soit on décide de leur dire ce qui est actuellement. Il ne faudra pas s'étonner du taux de suicide déjà élevé chez les jeunes (ne mettons pas tout sur le dos de la crise d'adolescence).

Soit on décide de faire en sorte que ce mensonge éhonté devienne réalité : on décide que le monde doit changer de visage, qu'il n'y a pas de raison de se marcher sur la gueule, que le plus riche n'a pas tous les droits, que les blancs n'ont pas tous les privilèges, que les femmes sont des êtres humains comme les autres, que l'argent ne peut pas tout acheter, qu'on veut une vie plus riche que des plaisirs artificiels.

J'ai choisi de me battre, j'ai choisi la deuxième option.
Et j'y pense chaque fois que je retourne déposer mon bulletin dans l'urne.



Et vous dimanche, que ferez-vous ?

2 commentaires:

  1. Pour la plupart des gens, PS et UMP (et consorts "centristes") sont le seul salut de notre si belle démocratie. Le reste est d'ailleurs très vite relégué au rang "d'extrême" et autre "contestataire", n'étant ainsi bon qu'à titiller les quelques % suffisants pour alimenter les potins journalistiques.

    Alors oui, les gens ne s'y retrouvent plus. Oui, ce sont toujours les mêmes aux commandes. Mais ils ne s'y sont tout de même pas retrouvés par magie ! Ils y sont parce que nous votons toujours pour eux !
    Si si.
    Des exemples ? Copé ? Balkany ? Autant d’escrocs notoires... mais brillamment réélus dès chaque premier tour de leurs multiples mandats.

    On pourrait penser qu'on a les élus qu'on mérite... (ce qui n'est pas totalement faux non plus).

    Le principe de base de la démocratie est la possibilité d'une alternance lorsque la politique menée ne nous convient pas. Ici, PS et UMP ("gauche" et "droite" comme les surnomment si benoîtement nos chers médias) sont les deux tentacules d'un même corps se revendiquant haut et fort comme la (seule) alternance crédible à leur alter-ego. Vous regardez à droite, et c'est la gauche qui surgit. Et dès que vous avez tourné la tête, l'autre revient à la charge, plus blanc que blanc...

    En fait, c'est d'autant plus crédible qu'il n'en a pas toujours été comme ça. Le PS a *vraiment* été de gauche. Cette alternance a réellement existé.
    Mais la société capitaliste est passée par là. Le libéralisme a été à la mode, et le PS y a perdu son âme. Pourtant, il reste encore et toujours "la gauche"... dans les médias, comme dans les esprits.

    Et que se passe-t-il quand la seule alternative présentée comme crédible s'avère mener la même politique que la cuvée précédente ? Hé bien c'est le désintérêt. Le désintérêt le plus total. Le tout agrémenté d'une bonne couche d'abêtissement généralisé en provenance des médias de masse, glorifiant le néant intellectuel des téléréalités, réduisant la culture aux blockbusters et autres clips musico-pornographiques, exaltant le sentiment haineux du nationalisme sportif, distillant une célébrité de pacotille sur les réseaux sociaux, et suintant le poison de la surconsommation à n'importe quel prix.
    Aller à la facilité (intellectuelle, dans ce cas) est un chemin que nous prenons tous très facilement si nous n'y prenons pas garde. Combien s'y sont déjà égarés... ? Plus encore les jeunes, et plus encore les moins favorisés.

    Que pèse la complexité d'un (vrai) débat politique face aux déboires des "Anges"... ? Pas grand chose...

    Alors les gens arrêtent de voter. Et ceux qui croient encore avoir une conscience politique optent pour le FN, parce que - comme avec la pub - c'est ce qu'on retient quand on n'y connait pas grand chose mais qu'on "se rappelle l'avoir vu à la télé"... Il faut dire que l'emballage du produit est quand même vachement plus novatrice que les autres, hein ? Mais tout ça, c'est sans savoir qu'à part trois colorants en plus (et quelques pesticides bien dégueulasses), ça sera au final pour bouffer la même soupe (à la grimace)...

    Je me demande parfois... ce qui se passerait-il si on supprimait les sondages ? Ces "informations comme les autres", mais qui ont la particularité de pouvoir désigner vainqueurs et vaincus avant même le début de la campagne ? Ou encore ce qui se passerait si on ne votait plus pour une marque (oui parce qu'à ce niveau là, le parti est une marque comme les autres...), mais qu'on ne votait que pour des professions de foi, sans étiquette ?

    Plus de démocratie nous conduirait peut-être vers de belles conneries à l'échelle nationale. C'est possible.

    Mais seraient-ils plus dangereux que ceux qui mènent la barque depuis des décennies... ?


    Merci pour ton billet.

    Il est dur. Mais il est nécessaire.

    Dimanche, je ne sais pas si le monde va change de base... Mais à défaut d'être rien, soyons tout.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci pour ta réponse, tu donnes finalement une partie des éclaircissements que je n'ai pas eu la force de mettre dans mon billet, le jugeant déjà suffisamment... violent, si je puis dire.

      J'ai la sensation d'être sans cesse manipulée par une partie des informations qu'on me donne, et bien souvent, par la manière dont les médias les donnent. Merci de faire un point là dessus.

      J'avoue que j'aimerai creuser ce sujet plus avant dans mes billets, mais il me faudra creuser par des lectures et pas mal de documentation...

      Merci pour la réponse en tous cas, vraiment ;)

      Supprimer